Mon syndic ne convoque pas l'AG dans les délais : que faire ?

L'assemblée générale annuelle est obligatoire. Pourtant, certains syndics tardent à convoquer, parfois de plusieurs mois. Cette situation crée de l'incertitude pour les copropriétaires : comptes non approuvés, budget non voté, décisions bloquées. Voici ce que dit la loi, les délais à connaître, et les recours possibles si votre syndic est défaillant.

Les obligations légales du syndic en matière d'AG

L'AG annuelle : une obligation absolue

L'article 7 du décret du 17 mars 1967 impose au syndic de convoquer l'assemblée générale annuelle dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice comptable. Si l'exercice se clôt au 31 décembre, l'AG doit donc se tenir avant le 30 juin de l'année suivante.

Cette obligation est impérative. Aucune justification ne dispense le syndic de respecter ce délai, sauf cas de force majeure dûment caractérisée.

Le délai de convocation : 21 jours minimum

La convocation à l'AG doit être adressée aux copropriétaires au moins 21 jours avant la date de la séance, accompagnée :

Une convocation tardive ou incomplète peut entraîner la nullité de l'AG.

Pourquoi un syndic tarde à convoquer

Raisons opérationnelles

Raisons plus préoccupantes

Quelle que soit la raison, le retard de convocation prive la copropriété de son organe de décision et peut générer des préjudices.

Les conséquences du retard

Conséquence 1 : Comptes non approuvés

Sans approbation des comptes annuels, plusieurs problèmes apparaissent :

Conséquence 2 : Budget prévisionnel non voté

Sans vote du budget, le syndic continue d'appeler des charges sur la base du budget précédent. Cette situation est tolérée à court terme, mais devient problématique au-delà de quelques mois :

Conséquence 3 : Décisions bloquées

Tous les sujets nécessitant un vote d'AG sont mis en attente : travaux votés, modifications de contrats, mise en concurrence. La copropriété est paralysée dans son fonctionnement.

La procédure pour forcer la convocation

Étape 1 : La relance amiable

Le conseil syndical adresse au syndic un mail de rappel listant :

Étape 2 : La mise en demeure par LRAR

Si la relance amiable reste sans effet, envoyez une LRAR formelle. Cette lettre :

Étape 3 : La convocation par le conseil syndical

L'article 8 du décret de 1967 permet au conseil syndical de convoquer lui-même l'AG en cas de carence du syndic. Les conditions :

Le CS peut également demander à un copropriétaire représentant au moins 25 % des voix de demander cette convocation.

Étape 4 : La saisine du juge

En dernier recours, un copropriétaire peut saisir le président du tribunal judiciaire en référé pour obtenir la désignation d'un mandataire ad hoc chargé de convoquer l'AG. Cette procédure est rapide (quelques semaines) et son coût peut être mis à la charge de la copropriété ou du syndic défaillant selon la décision du juge.

Les pénalités possibles contre le syndic

Le syndic défaillant peut voir sa responsabilité engagée :

Pour aller plus loin